Le Journal SFPQ a rencontré une jeune femme de la fonction publique afin de connaître ses motivations à rejoindre le rang de milliers d’autres qui ont reconnu la nécessité d’avoir des services publics de qualité et qui ont décidé de s’y impliquer.

Texte de Danie Blais du Service des communications

Âgée d’une trentaine de beaux printemps, Catherine Fournel a choisi de faire carrière dans la fonction publique, où la moyenne d’âge est de 46 ans . Éducatrice spécialisée de formation, elle a proposé son expertise à la Régie de l’assurance-maladie (RAMQ), où travaillent environ 150 jeunes adultes. « J’aime mon travail, de confirmer, sourire dans la voix, Catherine Fournel. Il me permet d’aider les gens, même si je suis au téléphone . Parfois, je suis la seule personne avec qui cette dame ou ce monsieur parle de la semaine. C’est important d’être gentil avec eux, d’être souriant et d’être patient. »

Or, la jeune femme ne se contente pas que de son gagne-pain pour stimuler ses neurones. « Ah non, il faut que ça bouge! Je dois m’impliquer, confirme cette dame qui a le cœur sur la main. Mon sentiment d’appartenance à la RAMQ m’a poussé à m’impliquer au-delà du travail. Je suis donc deuxième vice-présidente de la Section 110 du SFPQ; je fais partie du Comité de santé et sécurité du travail; je suis aussi adjointe au chef d’étage pour les mesures d’urgence; et agente à la prévention du Comité de santé et sécurité du travail pour l’inspection des étages. » Catherine Fournel prouve qu’ont tort ceux qui déclarent que la génération des milléniaux est paresseuse.

Mais vous, Catherine, pensez-vous que les jeunes de la relève sont mobilisés, prêts à collaborer, ou les croyez-vous plutôt individualistes? « Les trois. Je crois que les réseaux sociaux en sont un peu la cause, déclare-t-elle avec un peu de déception. Les rencontres, c’est maintenant par le Web qu’elles se font, plutôt que de sortir pour rencontrer les mêmes gens ou pour agrandir son réseau. Par ailleurs, si on les interpelle pour une cause sociale, les jeunes se mobilisent beaucoup, même si, dans la vie en général, ils sont plutôt individualistes. »

Une relève un brin individualiste, mais très ouverte d’esprit. « Y’a pu rien qui nous surprend, de lancer avec le sourire la belle Catherine Fournel. On a de moins en moins de préjugés. Et nos enfants en auront encore moins que nous. C’est un avenir intéressant qui se dresse devant la relève professionnelle et sociale. »

En ce qui a trait au syndicalisme, la génération de la relève ne s’affiche cependant pas tant que ça à la RAMQ. Catherine Fournel précise : « Je suis la plus jeune. Et je ne vois même pas de relève… Mes collègues du même âge disent que, le syndicalisme, ça ne donne rien. Et comme la vie passe trop vite, ils ne veulent pas faire de bénévolat… » La jeune femme (mère de trois enfants, socialement impliquée et notamment présidente du conseil d’établissement de l’école primaire depuis trois ans) s’en étonne, car elle parvient à trouver du temps pour ces causes qui lui tiennent à cœur. « C’est dommage ce manque de collaboration, d’unité envers une juste cause. Notre société, c’est ensemble que nous devons la bâtir, et notre avenir aussi, pense-t-elle, mais je comprends que les gens manquent souvent de temps pour mieux vivre, pour être heureux. »

Catherine, elle, a trouvé son petit bonheur dans l’entraide, le respect, la justice, la famille et l’amitié, des valeurs que lui ont transmises ses parents et qu’elle transmet à ses enfants – une petite relève « promettteuse » qui saura trouver du temps, elle aussi, pour améliorer le quotidien des autres. Comme Maman.

Du côté des appels
Que serait le monde si les préposés (es) aux renseignements n’y étaient pas?
Si les préposés aux renseignements n’y étaient pas, il y aurait un service en ligne. Un ordinateur. C’est un service plus froid. Les gens ne se sentent pas écoutés par un ordinateur, lequel, d’ailleurs, n’est pas infaillible. Les gens ont besoin d’un contact avec un humain, une personne qui les écoute, qui est empathique. Je crois que, en général, les gens n’en veulent pas des services en ligne.

Racontez un souvenir professionnel heureux
Aucun souvenir ne vient en tête dans l’immédiat, sinon que le bonheur que j’ai lorsque les gens satisfaits de mon travail appellent mon supérieur pour le lui dire. C’est valorisant. Ce n’est pas tout le monde qui rappelle (nous ne leur demandons pas de le faire, c’est leur choix), mais ceux qui le font sont comme notre paie. Je suis certaine que je peux me permettre ici de parler au nom de mes collègues.

catherine fournel2Nous ne prenons pas les décisions imposées aux citoyens : on leur explique les décisions qu’a prises l’État.

En quoi les citoyens pourraient-ils vous aider à mieux faire votre travail?
En restant polis et courtois. En comprenant que nous sommes des messagers. Nous ne prenons pas les décisions imposées aux citoyens : on leur explique les décisions qu’a prises l’État.