Remettre le SFPQ sur le chemin de l’équilibre financier

Depuis plusieurs années, les politiques d’austérité du gouvernement libéral ont eu pour effet de réduire significativement le nombre d’employés œuvrant dans la fonction publique et parapublique du Québec. Seulement de 2014 à 2017, le SFPQ a perdu environ 10 % de ses effectifs. Malheureusement, ces compressions ont diminué les services à la population et augmenté de manière considérable la charge de travail des employés de l’État. Inévitablement, cette perte d’effectifs a également réduit les revenus provenant des cotisations syndicales perçues par le SFPQ. Constatant que le manque à gagner présent depuis plusieurs années s’était accentué rapidement à partir de 2014, l’organisation n’a eu d’autre choix que de réagir rapidement.

Texte d’Yvon Brault, trésorier général du SFPQ

variation pac               Source : Direction des Services administratifs du SFPQ

Premier comité budget (2015‑2016)
Afin de protéger l’ensemble des services offerts aux membres et d’assurer la pérennité de l’organisation, un premier comité de travail, composé de personnes élues régionales et de membres de l’Exécutif national, a été constitué dès 2015 pour identifier des mesures d’économies. Diverses solutions ont dès lors été mises en œuvre afin d’optimiser les pratiques de l’organisation en réduisant ses dépenses. Au total, environ 1,3 million de dollars ont ainsi pu être épargnés annuellement dès ce premier exercice. Voici quelques exemples de mesures qui ont été adoptées à la suite des décisions prises par les instances appropriées :

  • Réduction de deux postes à l’Exécutif national;
  • Transition du Journal SFPQ du format papier au format électronique;
  • Réduction des frais de déplacement des personnes élues des paliers national et régional;
  • Tenue d’un Conseil syndical sur deux la fin de semaine;
  • Tenue d’une assemblée régionale sur deux la fin de semaine;
  • Abolition de différents postes au siège social à la suite de départs à la retraite;
  • Fusion de sections locales (de 125 sections à 95);
  • Diminution du nombre de personnes dirigeantes dans les instances syndicales.

Environ 1,3 million $ d’épargnés annuellement dès ce premier exercice.

Deuxième comité budget (2016‑2017)
Malgré l’ampleur des sommes ainsi économisées, et puisque le gouvernement a poursuivi son œuvre de déconstruction des services publics, le Syndicat savait que ces efforts importants ne suffiraient pas à ramener le SFPQ sur le chemin de l’équilibre budgétaire. Un nouveau comité a donc été mandaté par le Congrès 2016 afin d’identifier des mesures d’économie supplémentaires destinées à garantir un équilibre financier durable d’ici 2020. Tout comme le premier comité de travail, celui-ci était composé d’élus du niveau régional et national. Son mandat était de soumettre son rapport au Conseil syndical de juin 2017 pour fin de décision par l’instance.

Deux principes ont guidé les travaux des membres de ce deuxième comité (nommé Comité consultatif sur l’équilibre financier du SFPQ) :

  • L’équité de tous les membres dans leur accès aux services de leur organisation, peu importe leur employeur ou leur région d’appartenance;
  • Préserver l’ensemble des services auxquelles les membres ont accès.

En suivant ces lignes directrices, ce deuxième comité a réussi à identifier des mesures directes pouvant générer plus de 3,4 millions de dollars supplémentaires, notamment :

  • Abolition de postes de personnes-cadres;
  • Augmentation de l’utilisation d’outils technologiques (ex. : visioconférence) pour réduire les frais de transport et d’hébergement;
  • Réorganisation de certains bureaux régionaux, notamment en fusionnant deux régions (Montréal – Laval et Montérégie);
  • Abolition de quatre postes de personnes élues régionales d’ici 2020;
  • Réduction des frais des congrès;
  • Révision à la baisse des budgets dédiés aux activités du Comité national des jeunes et du Comité national des femmes;
  • Hausse de la cotisation syndicale.

Des mesures directes pouvant générer plus de 3,4 millions $ supplémentaires.

Ainsi, afin de remplir le mandat que lui avait confié le Congrès d’avril 2016, le Comité a donc ajouté aux économies identifiées la proposition d’une légère hausse de la cotisation syndicale. Malgré une étude exhaustive de toutes les dépenses du SFPQ, le Comité a jugé qu’il ne pourrait suggérer d’autres mesures d’économies sans remettre en question les deux principes qui ont guidé ces travaux (équité et préservation des services — voir plus haut). L’analyse de la situation financière actuelle du SFPQ démontre que les efforts d’économie très importants de tous les paliers de l’organisation ne suffiront pas à assurer un équilibre financier durable au-delà des prochaines années. Les revenus supplémentaires générés par l’augmentation du taux de cotisation syndicale permettraient de préserver l’ensemble des services de l’organisation, et ce, à l’avantage de tous ses membres. Cette proposition ne sera applicable qu’après avoir été votée par les membres du SFPQ lors d’assemblées générales et adoptée par ceux-ci.

Cet ambitieux plan de réforme, incluant le projet d’augmenter légèrement la cotisation syndicale, a reçu l’approbation des personnes élues des paliers national et régional. Par la suite, après un très long débat, il fut adopté par la quasi-totalité des délégations lors du Conseil syndical de juin 2017. Les pouvoirs politique et administratif de l’organisation ont aussitôt mis en œuvre son déploiement (excluant la hausse de cotisation).

L’équilibre financier doit impérativement être atteint le plus rapidement possible afin de garantir la pérennité du SFPQ et d’assurer que les prochaines grandes négociations de l’Agence du revenu du Québec (2019) et de la fonction publique (2020) seront lancées avec force et confiance.

Les membres seront informés de l’évolution du dossier par l’entremise, notamment, du Journal SFPQ, des médias sociaux, de l’infolettre du SFPQ, de son site Web et de leurs personnes déléguées syndicales.