Christian Daigle : une expérience de collaboration

Après un peu plus d’une année passée à la présidence générale du Syndicat, Christian Daigle a rencontré le Journal SFPQ pour parler de son expérience, et aussi pour se raconter.

Texte de Danie Blais du Service des communications

Au printemps, le SFPQ annonçait fièrement que le Tribunal administratif du travail lui donnait désormais le droit de négocier des conditions de travail pour les étudiants et les stagiaires œuvrant dans les ministères et organismes régis par la Loi de la fonction publique[1]. En effet, les jeunes gens font maintenant partie de l’accréditation « Fonctionnaires ». Et, quelques semaines plus tard, c’est le Secrétariat du Conseil du trésor qui, à son tour, annonçait une bonne nouvelle au Syndicat. Eh oui, l’Opération 44/48 du SFPQ a été un succès : 915 fonctionnaires et 173 ouvriers ont reçu, le 15 juin, leur statut d’employé temporaire. Quelques jours plus tôt, il en avait été de même pour 300 employés de l’Agence du revenu du Québec. Toutes ces personnes obtiendront, un peu plus tard, leur statut d’employé permanent, et ce, grâce au SFPQ.

Au SFPQ, les défis pour améliorer les conditions de travail des membres du Syndicat ne manquent jamais. Ils occupent le quotidien de tout le personnel du SFPQ, particulièrement celui de son président général, Christian Daigle. « C’est ce qui m’anime, au quotidien : les défis pour aider les gens, assure-t-il. Je peux aider des régions, des sections, des accréditations pour, en fin de compte, toujours aider les membres du Syndicat à régler un conflit ou un problème, à améliorer leurs conditions de travail. Le contact avec nos membres est à la base de mon engagement. J’aime donc participer à des instances, des assemblées, particulièrement lorsqu’il y a des débats, des échanges, des discussions. À la fin de ces rencontres, si les gens ont apprécié les informations et les explications que je leur ai fournies, je suis la plus heureuse des personnes. Et ce que j’aime tout autant est de savoir que c’est ensemble que nous parvenons à améliorer les conditions de travail de nos membres. C’est un véritable travail de collaboration — de toute la grande équipe du SFPQ — qui aboutit à des succès. »

Poursuivant l’échange sur la collaboration, le président général Daigle en a donné un autre exemple, soit celui de la reconnaissance de l’équité entre les femmes et les hommes. « Les avancées que nous avons réalisées jusqu’à maintenant dépassent, sur plusieurs aspects, ce qui s’est fait dans la majorité d’autres sociétés. Pensons notamment à la Loi sur l’équité salariale et au Régime québécois d’assurance parentale, pour lesquels le SFPQ a longtemps milité avec les autres syndicats et ses partenaires de la société civile, ils servent d’exemples dans de nombreux pays. Or, un fait demeure, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est toujours pas atteinte. Oui, il faut du temps pour changer la mentalité d’une société; et il faut souvent forcer la main de la classe politique. Nous continuerons à mettre de la pression! »

La société doit être au service du citoyen.

Influence
Le plaisir de travailler avec les autres et pour les autres, Christian Daigle le connaît depuis qu’il est enfant. « Comme mon garçon aujourd’hui, je ne savais pas trop en quoi consistait le travail de mon père (NDLR : Clément Daigle a été membre de l’Exécutif national du SFPQ 1977 à 1997, notamment à titre de vice-président de l’Exécutif national), mis à part qu’il était souvent parti de longues périodes et qu’il aidait les autres, de raconter le président général du SFPQ. De sa personnalité, de son influence, j’en ai certainement retiré le don de soi, le fait de vouloir aider les autres et de travailler avec eux pour régler leurs problèmes. »

« Bien que j’étais quelqu’un de déterminé, avec des idées arrêtées, j’étais beaucoup plus du type sportif; et peu importe les sports, je les pratiquais tous de façon très compétitive. »
— Christian Daigle, président général du SFPQ

Au fil des années, sans même s’impliquer dans les comités étudiants ni dans les groupes de débats, et encore moins dans les associations étudiantes, Christian Daigle a tout de même remarqué que ses paroles avaient de l’impact sur les autres, tout autant qu’il avait une influence positive sur ses amis, compères universitaires, coéquipiers et collègues. Une qualité qu’il ne pensait pas lui être si utile quelques années après sa sortie de l’université, à lui, enfant de la Génération X. En effet, à 28 ans, il a finalement eu la joie d’être embauché dans la fonction publique. Puis, à l’aube du nouveau millénaire, il s’est fait connaître au SFPQ et y a commencé une longue carrière signée de collaboration. Il se rappelle : « À mes débuts au Service des recours, j’étais entouré d’une panoplie de personnes conseillères, et parmi elles, certaines avaient jusqu’à 40 ans d’expérience. Elles m’ont appris beaucoup. Je pense entre autres à Henri Côté, Normand Lépine, Michel Grenier, Yves Carrier, Denise Desormeaux, Hélène Bilodeau et encore bien d’autres. J’étais aussi très proche de l’ancien président et trésorier général, le confrère Richard Thibodeau. Puis, finalement, je garde en mémoire toute l’aide et les conseils que Céline Lafrance, mon adjointe administrative de l’époque, m’apportait au quotidien. Quand je suis arrivée à la présidence générale du SFPQ, j’ai gardé la même formule de collaboration : des adjointes d’expérience aux personnes conseillères des différents services, en passant par le personnel de direction et les personnes élues, tant au palier régional que national, on travaille tous ensemble pour faire avancer les mandats qui sont donnés au SFPQ. La collaboration est la voie à suivre pour réussir. »

Avec le temps
Ainsi toujours occupé et préoccupé, tant par le bien-être des membres du SFPQ que par ce qui se passe de par le monde et qui pourrait avoir un impact sur leurs conditions de travail, où le président général trouve-t-il la sérénité? « Tout d’abord avec mon garçon de 10 ans. Le président général du SFPQ ne lui dit pas grand-chose, mis à part qu’il ne veut pas faire mon travail plus tard, car, comme il le dit, “ il y a trop de papiers et de téléphones”, mais il aime bien son papa qui joue au hockey avec lui, qui lui fait des biscuits et qui est l’assistant-coach de son équipe de soccer. Dans le même ordre d’idée, j’aime bien me retrouver en forêt pour chasser ou me promener, parfois seul ou entre amis, et ne penser à rien d’autre que ce qui m’entoure à ce moment. »

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« Le président général du SFPQ ne lui dit pas grand-chose, mis à part qu’il ne veut pas faire mon travail plus tard, car, comme il le dit, “il y a trop de papiers et de téléphones”… », de raconter Christian Daigle à propos de son fils.

Comme tous les parents le clament, le temps passe vite; bientôt, le fiston aura presque quinze ans et le père s’apprêtera à souligner la fin de son premier mandat à titre de président général du SFPQ. Comment voit-il le SFPQ en cette année 2020? « Je vois le SFPQ comme une organisation qui aura réussi à redresser sa situation financière, tout en minimisant les impacts sur les services qu’elle offre à ses membres. Les délais de traitements des griefs et des autres dossiers de nos membres auront continué à diminuer. En bref, ensemble nous aurons amélioré le respect des droits que les membres du SFPQ ont acquis depuis les cinquante dernières années. D’un point de vue plus idéologique, j’aimerais que le SFPQ soit devenu une référence dans notre société en ce qui a trait à la fonction publique et parapublique. Et je voudrais qu’on puisse finalement réussir à revaloriser le rôle de nos membres dans la société et auprès de tous les citoyens du Québec. Pour moi, il est clair que les services publics auront un rôle essentiel à jouer au XXIe siècle, tant pour répondre aux défis qu’amène, entre autres, la montée des inégalités sociales, que pour forcer la nécessaire transition écologique. »

Vous êtes essentiels
Est-ce que la relève syndicale est en place pour s’assurer que ne soient pas perdus les droits des membres du SFPQ? Pour le président général du SFPQ, Christian Daigle, il s’agit, sur le plan organisationnel, d’un des grands défis du moment pour le Syndicat. « Je considère que le SFPQ doit redonner à ses membres le goût de s’impliquer pour faire changer les choses et pour améliorer notre rapport de force avec l’employeur. La société de surmenage dans laquelle on vit empêche les gens de s’impliquer syndicalement. Et donc de nous aider à améliorer nos conditions de travail. Alors que certains courent après les minutes avec leur famille pour réussir à tout faire, certains doivent avoir un deuxième travail pour boucler la fin du mois. À ce rythme-là, toute implication syndicale bénévole est bien loin dans leurs priorités. Le SFPQ doit donc trouver des solutions pour que ses membres comprennent à quel point leur implication est essentielle pour le maintien de leurs droits et de leurs acquis. À titre d’exemple, nous travaillons activement à développer une meilleure conciliation travail-famille-études. Un autre défi pour le SFPQ que nous résoudrons ensemble! », de terminer le président général du SFPQ, sourire aux lèvres.

[1] Et qui effectuent des emplois assimilables ou similaires aux membres du SFPQ de la fonction publique.