Osez Percé autrement, entre mer et montagnes

Le Géoparc de Percé, situé au cœur du village éponyme, est un nouveau projet porteur de sens pour la communauté gaspésienne. Et, au cœur de celui-ci, deux membres du SFPQ, Lisette Simoneau et Anita Bernier-Blais, franchement enthousiastes à y accueillir leurs compères de la Gaspésie pour leur raconter l’histoire géologique du site qui remonte à plus de 500 millions d’années.

Texte par Danie Blais du Service des communications

 Le promeneur curieux et attentif qui foule le Géoparc[1] de Percé connaîtra le plaisir de découvrir des roches témoignant de la formation du Bouclier canadien et de la péninsule gaspésienne. Une expérience fascinante pour ceux qui aiment imaginer la valse bruyante des continents en formation. En effet, cinq périodes géologiques y sont visibles : Cambrien (542-489 Ma), Ordovicien (489-443 Ma), Silurien (443-418 Ma), Dévonien (418-359 Ma) et Carbonifère (359-299 Ma). Pour Lisette Simoneau et Anita Bernier-Blais, respectivement préposée à l’accueil au Géoparc[2] et préposée à l’entretien, « le géoparc met en valeur le potentiel géologique de Percé, potentiel qu’a d’ailleurs reconnu, à la fin du XIXe siècle, le père de la géologie canadienne, Sir William Logan. Notre mission est de conserver ce trésor géologique qu’est Percé, mais aussi d’en faire connaître ses richesses aux visiteurs. »

« La population doit s’approprier les services offerts au Géoparc de Percé : elle doit s’y reconnaître. »                                        — Lisette Simoneau, Camping Baie de Percé

Mais dans ce géoparc, les plaisirs géologiques ne sont pas limités qu’à une simple promenade sur le solide bouclier du pays : « Les visiteurs ont plusieurs choix de découvertes, d’annoncer Lisette avec sourire. D’abord, ils ont accès au Camping Baie de Percé où ils peuvent installer leur habitation dans un des 130 sites. Vous savez, dormir dans le géoparc est une excellente idée si on veut en faire le tour, de préciser Anita. » Ce tour de géoparc, on peut le faire en empruntant des dizaines de kilomètres de sentiers aménagés[3] « pour votre bon plaisir de circuler en montagne, pour visiter les géosites qui s’y échelonnent », pour reprendre les mots de Lisette. Et si les caprices de dame Nature en rebutent quelques-uns, ils sauront se divertir au pavillon expérientiel où se tiennent Tektonik (exposition multimédia signée par l’impressionnante XYZ Technologie culturelle) et Espace jeu (pour enfant) avec sa colonne d’eau, son mur d’escalade et sa glissade (qu’ils sont chanceux ces enfants!).

plateforme-promenade-finUne plateforme vitrée pour ceux qui osent…
Photo : http://geoparcdeperce.com/plateforme-vitree/

L’offre du Géoparc de Percé est séduisante et, comme preuve, les visiteurs affluent à l’accueil. « Dans notre travail, il est important d’aimer accueillir les gens. Nous recevons des clients enthousiasmés d’être dans notre région et d’autres qui sont dépaysés; les rencontres sont toutes différentes. Mais le sourire demeure un agent de communication efficace, sans frontières! », de dire Lisette, elle qui aime travailler avec les gens. Elle ajoute : « Ce qui rend mon travail le plus beau travail du monde, ce sont ces rencontres : conversations intéressantes et divertissantes avec le client en plein milieu de ses vacances. Il nous partage sa joie, son allégresse. J’adore. » Et pour Anita, le travail au géoparc est tout aussi intéressant, car, depuis trois ans, le site est en évolution. « Mais, ce que nous aimons par-dessus tout, c’est communiquer, expliquer, partager tous les détails qui font que ce projet est novateur, intéressant et moderne », d’ajouter, de cœur, les deux dames.

« Percé a de nouvelles activités intéressantes : venez nous visiter! Nous serons là pour vous accueillir! »                                                                                                   — Lisette et Anita

Le Géoparc de Percé est en attente d’être reconnu officiellement par l’UNESCO, l’organisme qui accueille les géoparcs dans son réseau mondial. À ce jour, ils sont 120, répartis dans 33 pays.

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Le Géoparc est géré de façon autonome et indépendante,  par son promoteur la Coopérative de solidarité du Géoparc de Percé. Dans le cas précis du Géoparc, la coopérative, qui a la particularité de rassembler plus d’une catégorie de membres, réunit des entreprises touristiques locales désirant proposer une activité nouvelle à leur clientèle, en plus d’inclure des membres de soutien qui investissent dans le but de soutenir le développement touristique et économique. Ces différents acteurs sont dits « privés » ou « publics ». Dans cette dernière catégorie, on retrouve l’Office de Tourisme, des organismes de développement économique provincial (MRC) et fédéral (SADC), Parc national de l’Île Bonaventure (appartenant au gouvernement provincial) et la Société de développement économique de Percé (SDEP).

Ayant pour mission de développer un nouveau produit d’appel pour l’industrie touristique de Percé et de toute la région, la Coopérative du Géoparc de Percé mise sur le déploiement d’activités de plein air et de divertissement en s’adressant à une large clientèle. Des jeunes familles aux sportifs plus téméraires, en passant par les passionnés de géologie, le Géoparc offre un éventail d’activités qui ne laisse personne indifférent. (source : http://geoparcdeperce.com/gestion-du-geoparc/)

 

northern-gannet-1126292_1920Fous de Percé
Chaque année, le Géoparc de Percé est envahi par une colonie de fous très particuliers, bruyants et tout en plumes : les fous de Bassan. Ils sont plus de 120 000 à s’installer « confortablement » sur les falaises de l’île Bonaventure et du Rocher Percé. C’est la plus grande colonie accessible au monde. Chaque année, la colonie attire au moins 100 000 visiteurs.

Outre les fous de Bassan, les promeneurs au Géoparc de Percé peuvent aussi voir et entendre des guillemots marmettes, des mouettes tridactyles et des petits pingouins.

[1] Un géoparc mondial UNESCO est un espace territorial présentant un héritage géologique d’importance internationale. Cet héritage permet aux populations de prendre conscience et de trouver les clés pour répondre au contexte géodynamique de la planète sur laquelle nous vivons tous. Un grand nombre de géoparcs mondiaux UNESCO aident à prendre conscience des risques géologiques encourus tels que les risques volcaniques, séismes et tsunamis et dans ce cadre élaborent des stratégies d’atténuation de ces risques au sein des communautés locales. (source) Au Canada, pour le moment, seuls les parcs de Stonehammer au Nouveau-Brunswick et de Tumbler Ridge en Colombie-Britannique font partie des géoparcs mondiaux de l’UNESCO.

[2] Camping Baie de Percé.

[3] Il est important de se souvenir que les randonneurs qui se promènent hors sentier abiment les végétaux et compactent le sol (conséquence : les plantes ne peuvent plus pousser, donc meurent).  Il faut respecter les sentiers identifiés afin de protéger les plantes rares du Québec qui vivent notamment dans le Géoparc de Percé.