De l’argent pour tout le monde

Cet été, le Comité national des jeunes (CNJ) a vécu une expérience très enrichissante : il a participé, pour la première fois, au Forum social mondial, lequel avait lieu à Montréal. Et il y a constaté que l’équité était au cœur des préoccupations des participants, de la Suisse à Montréal en passant par Washington D.C.. En route pour une petite promenade internationale.

Texte par Danie Blais, conseillère au Service des communications

Un endroit parfait pour faire des rencontres inattendues!

La Suisse, ce pays neutre qui semble parfois issu de fables utopistes, a donné naissance à des militants qui souhaitent mettre en œuvre un projet audacieux : que l’argent appartienne au peuple. Lydia Métivier du Comité national des jeunes explique : « Il y aura prochainement un référendum pour cette intéressante initiative dite de monnaie pleine. Et savez-vous qu’en Suisse, pour qu’un référendum aboutisse, il faut que 50 000 personnes ayant le droit de vote soutiennent la proposition par leur signature, et ce, dans un délai de 100 jours? C’est très intéressant ce pouvoir donné au peuple par la loi. Et que dire de cette idée que l’argent appartienne au peuple? Le système monétaire deviendrait transparent et compréhensible. »

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Voici ce qu’on retrouve sur le site consacré à l’initiative « Monnaie pleine » :

« La monnaie pleine est la monnaie légale que la Banque nationale met en circulation. Aujourd’hui, il ne s’agit que des pièces de monnaie et des billets de banque. Pourtant ces moyens de paiement légaux ne constituent que 10 % de la masse monétaire. Les 90 % restants sont de la monnaie électronique (ou monnaie scripturale), que les banques créent elles-mêmes à volonté afin de financer leurs activités (par ex. crédits, achats de biens immobiliers et d’actions). La plupart des gens croient avoir de véritables francs sur leurs comptes. C’est une erreur! Un compte n’est qu’une créance du client, c’est-à-dire une simple promesse de la banque de payer le solde en billets et en pièces, mais ce n’est pas en soi un moyen de paiement légal. Avec l’initiative Monnaie pleine, l’argent électronique de nos comptes sera aussi de la monnaie pleine. »

Plus loin des montagnes de la Suisse, mais où la neige s’installe avec autant de plaisir, l’équité se fait entendre par le projet d’un salaire minimum de 15 $. « Au Forum, le CNJ a constaté que c’était un des sujets de l’heure », de confier Lydia Métivier. Elle poursuit en résumant les conférences qu’elle a entendues sur le sujet : « Parfois, des personnes faiblement rémunérées doivent se déplacer durant leur horaire de travail. Elles ne sont pas payées durant ce temps et pas plus pour leur déplacement; ce qui fait de grandes journées à l’extérieur de la maison, sans pour autant être très payantes. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour améliorer ces conditions de travail. » Or, à tout le moins, il semble y avoir espoir en ce qui concerne la rémunération, car une campagne de lutte pour un salaire horaire minimum de 15 $ est en force. « Toutefois, il a été mentionné que la plus grande réticence rencontrée face à la hausse du salaire minimum est l’augmentation des prix à la consommation qui devrait suivre, d’expliquer Mme Métivier. À tout le moins, l’état américain de Washington DC a déjà voté pour ce tarif horaire de 15 $ et plusieurs entreprises d’autres états ont déjà commencé à payer leur employé à 15 $ sans qu’une loi les y oblige. »

Pour le Comité national des jeunes, « augmenter le revenu des gens plus démunis leur permettra de participer davantage à l’économie locale. Ils sembleraient qu’un million de travailleurs québécois gagnent moins de 15 $ par heure; en les augmentant avec le système d’impôt actuel, on estime qu’il y aurait un retour de 3 milliards de dollars dans les coffres de l’État. » Le trio de la relève du SFPQ se questionne alors : « Avons-nous trouvé un moyen de redresser la dette du Québec? »