Cuisiner un cuisinier

Texte de Danie Blais du Service des communications du SFPQ

Martin Ouellet est cuisinier au restaurant Le Parlementaire de Québec. Dans cette brigade de huit cuistots[1], il s’occupe des rôtisseries et des sauces; depuis 12 ans, les arômes de beurre fondant et les sucs de viande grillée parfument son quotidien. Il aime son travail. « Il y a une certaine routine que j’apprécie, mais il y a aussi la diversité des produits avec lesquels je cuisine qui peut autant me déstabiliser que me rendre heureux! », ajoute-t-il avec le sourire.

martin ouellet

Martin Ouellet, cuisinier de profession, est aussi délégué pour le SFPQ au restaurant Le Parlementaire. Il déclare, à propos de son implication syndicale : « Je crois au droit juste du citoyen et au respect, et ce, surtout en relation de travail. Ce n’est pas en critiquant, assis sur son fauteuil, que la vie avance. Il faut s’impliquer, non seulement au SFPQ, mais partout dans notre quotidien! »

Puisque la curiosité est une gourmandise (selon Victor Hugo), le Journal SFPQ a pour vous cuisiné le cuisinier.

JOURNAL SFPQ : Quel est votre repas préféré?

MARTIN OUELLET : Ha! Ha! Un bon pâté chinois crémeux, mais j’aime également le carré d’agneau au romarin avec un petit réduit de porto…

SFPQ : Cuisinez-vous chez vous?

M.O. : Toujours

SFPQ : Qu’est-ce qui vous inspire pour créer des plats?

M.O. : Je me laisse inspirer par ce qu’il y a dans les réfrigérateurs. Mais la création n’est pas mon point fort : je puise surtout dans le répertoire classique français.

SFPQ : Où avez-vous appris à cuisiner?

M.O. : Au Centre de formation professionnelle Pavillon-de-l’Avenir de Rivière-du-Loup.

SFPQ : Devrait-on enseigner la cuisine dans les écoles secondaires?

M.O. : Je pense que non. Les élèves ont autre chose à apprendre de l’école secondaire. À mon avis, la motivation de cuisiner devrait provenir de la maison! L’école n’a pas à enseigner le respect, pas plus que la saine alimentation : c’est le travail des parents.

SFPQ : Enfant, quel était votre plat préféré, et pourquoi?

M.O. : Ha! Ha! Le macaroni à la viande. Enfant, j’étais très difficile.

SFPQ : Qu’avez-vous mangé de plus troublant?

M.O. : De la cervelle de veau!

SFPQ : Quelle est votre épice préférée?

M.O. : Le garam masala, un mélange d’épices indiennes torréfiées et réduites en poudre. J’adore également la coriandre.

SFPQ : Comment envisagez-vous l’avenir alimentaire de la planète?

M.O. : C’est une grande question… Je pense que je pourrais comparer ça à la pollution, aux usines et aux gens qui gaspillent beaucoup. Il y a surabondance dans les supermarchés – c’est une compétition pour faire de l’argent; et cette surabondance pollue énormément! De plus en plus, les gens se conscientisent, achètent des produits locaux et biologiques, mais il y a encore beaucoup à faire pour envisager un avenir alimentaire merveilleux.

[1] Pendant les périodes d’important achalandage, le nombre d’employés passent rapidement de 8 à 15, 20, parfois même 30.

Un midi à la cuisine du Parlementaire

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« Nous nous concentrons pour que tout soit prêt pour une seule chose : le service. Quand l’heure du service sonne, chacun est à son poste et ça commence. Les discussions sont au minimum. Exemple : “Combien de temps pour la volaille? Trois minutes volaille. Merci volaille.” Il faut que ça roule. Et, après le repas, comme dans toute bonne cuisine, il faut faire un beau grand ménage à fond. Ensuite, on prépare les fiches techniques pour le lendemain. Et la journée se termine ainsi! » – Martin Ouellet